Qui était vraiment Nietzsche ?

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Posté le 28 janvier 2014

Nietzsche (1844-1900) est un philosophe à la mode. « Deviens ce que tu es », « La seule vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité », « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort », il était le roi des petites phrases qui frappent comme des éclairs. Beaucoup repris, mais peu compris, que pensait-t-il au juste ? Pourquoi, par exemple, a-t-il écrit « Dieu est mort » ?

Sa réponse aurait été provocatrice. Il aurait dit Dieu est mort, parce que l’homme l’a tué. Ça signifie, pour lui, que Dieu est invention humaine, seulement on ne s’en rappelle plus. Son intention est de nous rafraîchir la mémoire. Son arme pour y parvenir, ce n’est pas la logique, mais l’histoire. Il a inventé une méthode, la généalogie, qui est une enquête sur nos origines – comme lorsqu’on va à l’état civil pour rechercher ses ancêtres. À partir de documents écrits, il a essayé de relire l’évolution de l’humanité.

Qui était vraiment Nietzsche ?

L’Antiquité grecque, l’âge d’or de l’humanité

La conclusion de son enquête, c’est que la civilisation actuelle doit se réveiller, car elle allait mieux avant. D’après lui, l’homme moderne vit dans le rêve. C’est un enfant qui s’imagine qu’il a un Père, alors qu’il est seul dans l’univers. Nietzsche pense que l’humanité était beaucoup plus adulte à l’époque de l’Antiquité grecque. Les Grecs ressentaient la fragilité de la condition humaine, c’est pour cette raison qu’ils écrivaient de si belles tragédies pour dépasser leur souffrance. C’était un peuple d’artistes. Aujourd’hui, juge-t-il, on invente plus rien, parce qu’on ne ressent plus aucun danger, parce qu’on a Dieu. Du coup, il n’y a plus de sensibilité artistique. À part peut-être chez Wagner, avant qu’il ne se brouille avec lui.

Pour lui, ça a commencé à se gâter quand les chrétiens l’ont emporté sur les Romains, et même avant, quand Socrate a commencé embrouiller les fiers aristocrates athéniens avec ses questions. Les chrétiens comme Socrate croyaient en un autre monde et ça, pour Nietzsche, c’est une supercherie. C’est une ruse pour gagner en trichant. À ce moment-là, l’humanité a commencé à décliner.

Il ne croit pas qu’il y ait un sens caché à l’existence que seuls les plus sages pourraient connaître. Le monde est absurde. L’homme – ou la femme – ne sont pas faits pour être mariés et avoir deux enfants, par exemple. Ni pour avoir une Rolex à cinquante ans. Ce sont juste des normes qui ont été inventées par d’autres hommes et qui ont été érigées en règles générales de vie. Le sens de la vie humaine, pour lui, serait plutôt d’inventer de nouvelles possibilités d’exister. De fonder un ordre nouveau. C’est cette énergie créatrice que l’homme moderne, qui croit que tout existe de toute éternité, doit retrouver.

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Sa pensée, une philosophie d’artistes

Nietzsche était un aristocrate, ce n’est pas lui qui allait inciter au repos. Il louait le dépassement de soi. Il admirait les conquérants, les génies, les précurseurs, bref, les grands hommes et avait un respect très limité pour le peuple qui finalement, d’après lui, ne faisait que suivre le mouvement. Il avait d’ailleurs de l’estime pour Jésus, parce qu’il avait inventé quelque chose de nouveau. Mais il ne le considérait pas comme le fils de Dieu, mais comme un personnage historique important.

Nietzsche vivait à la même époque que Darwin, l’auteur de la théorie de l’évolution des espèces. Comme lui, il pense que nous ne sommes que des animaux évolués. Il refuse donc toutes les explications surnaturelles pour expliquer les phénomènes humains. Ils ne les expliquent que par des causes naturelles.

Si nous avons un peu de discernement aujourd’hui, ça ne veut pas dire que nous sommes une exception dans la nature, c’est un héritage du fond des âges. C’est parce que nous avons l’habitude de considérer que nous avons toujours été identiques à aujourd’hui, que nous le croyons. On manque de sens historique.

Mais à l’origine de l’humanité, pense-t-il, nous n’avions aucun recul sur nous-mêmes. Nous ne faisions qu’accomplir nos fonctions vitales, comme sont supposés le faire les animaux. À l’époque reculée où des hordes de barbares se battaient pour la suprématie, il s’est produit un accident. Les vainqueurs ont fait naître la mémoire chez les vaincus en leur imposant leur loi par le châtiment. L’homme primitif s’est ainsi vu arraché à la satisfaction immédiate de ses besoins, parce qu’il devait faire ce qu’on lui disait et se souvenir.

Il appelle ce processus « la mnémotechnique du fer rouge ». Ce sont les prémices de l’esprit humain qui s’est ensuite affirmé petit à petit dans le temps. Nietzsche considérait, même s’il trouvait ça terrifiant, que le négatif (la violence, les guerres, etc.) jouait un rôle dans l’histoire. Il avait une vision assez dure de l’existence, d’où le « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». Pour lui, il fallait accepter cette dureté tout en essayant d’être heureux en créant. C’est ce qu’il appellait « la joie tragique ».

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