La décroissance, une idée folle ?

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Posté le 24 février 2014

Aujourd’hui, l’activité économique en France se maintient, mais n’augmente plus. Le volume d’échanges stagne et il n’y a pas de perspectives de nouveaux marchés où investir. La croissance est proche de zéro, si elle devenait négative, on entrerait en récession. Ça signifie le déclin, la chute, le déclassement au niveau mondial.

Cette angoisse se traduit par l’idée, largement reprise par les médias, de la France qui tombe. La décroissance, synonyme de sous-développement, fait donc peur. Alors, quel est l’intérêt d’en faire un programme politique ?

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Peut-on croître indéfiniment dans un monde fini ?

Les économistes partisans de la décroissance défendent bel et bien la nécessité d’une diminution de la consommation dans les pays les plus riches. En effet, si l’économie décroche aujourd’hui, c’est d’abord d’après eux parce qu’elle a cru de manière excessive. La crise économique actuelle s’est produite à cause de la croissance exponentielle du marché immobilier aux États-Unis.

En prêtant pendant des années sans s’inquiéter des capacités de remboursement de leurs clients, les banques américaines ont elles-mêmes hypothéqué la croissance à long terme. En revendant leur dette sous forme de produits financiers toxiques à des banques internationales, elles ont précipité l’effondrement de l’économie mondiale.

Pendant dix ans, le volume d’échanges de biens immobiliers aux États-Unis a cru très fortement, mais devant l’impossibilité de recouvrer l’argent prêté à cause d’une hausse des taux d’intérêts, les banques se sont retrouvées avec trous de trésorerie énormes. Elles ont déposé le bilan ou été recapitalisées par de l’argent public. Aujourd’hui, il est bien plus difficile de faire un prêt pour acheter une maison.

La problème n’est donc pas d’être pour ou contre la décroissance, pour ses avocats, mais de l’accompagner, car elle existe de fait. Le ralentissement des échanges qu’on vit actuellement n’est pas dû à des freins mis à l’économie, mais à l’emballement des marchés – il faut donc les contrôler. Les « décroissants » pensent que la société dans laquelle on vit est avant tout basée sur le refus des limites. Nous sérions déterminés socialement par celui-ci. Individuellement, ça se traduit par la volonté de chacun de se réaliser coûte que coûte, quitte à hypothéquer l’avenir des générations futures.

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Qui sont les « objecteurs de croissance » ?

Les promoteurs de la décroissance sont des journalistes, des économistes, des personnalités publiques et des particuliers, qui prônent la sobriété, le partage et la simplicité volontaire. Il existe un mouvement politique qui les représente : le Parti pour la décroissance (PPLD). Mais aussi un journal, La Décroissance, distribué tous les mois en France, en Suisse, au Canada et en Belgique. C’est un peu l’antithèse de L’Expansion.

Son directeur est le fondateur de l’association les Casseurs de pub, un rassemblement de militants qui mène un combat non violent contre la publicité qu’ils accusent de défendre des valeurs basées sur l’argent, la compétition, la loi du plus fort. Les Casseurs de pub organisent des actions comme la journée sans achat, la rentrée sans marques ou la semaine sans télé. Ils militent aussi pour la réduction des panneaux publicitaires dans l’espace public.

Alessandro Di Giuseppe est une autre figure de la décroissance. Activiste et comédien, il organise des happenings dans les rues commerçantes de Lille. Déguisé en grand prêtre de l’Église de la Très sainte consommation, il interpelle les passants avec des sketches loufoques contre le consumérisme. Il présente une liste aux prochaines élections municipales.

L’agriculteur bio Pierre Rabhi, le photographe Raymond Depardon, le reporter américain Chris Hedges, l’ancien président de la République tchèque Vaclav Havel, sont entre autres favorables à la décroissance.

Mais cette idée a également de nombreux détracteurs qui voit en elle un discours utopique, pessimiste, voire petit-bourgeois. Il n’y a que ceux qui ont tout qui peuvent se passer de consommer, estiment-ils.

La rédaction

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