Connaissez-vous l’écrivain anglais Robert Galbraith ?

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Posté le 18 novembre 2015

Connaissez-vous Robert Galbraith ? Non ? Alors, il est possible que vous ayez entendu parler de cet écrivain anglais sous un autre nom, son vrai patronyme : J.K. Rowling. Oui, oui, la « maman » de Harry Potter, la romancière de génie qui a changé à tout jamais la littérature jeunesse et, par la même occasion, sa propre existence. Pour quelle raison s’est-elle cachée derrière ce surnom ? Magicien ou moldu, vous avez le droit de savoir !

Connaissez-vous l’écrivain anglais Robert Galbraith 1

La petite Robert

Ce n’est maintenant plus un secret : Robert Galbraith est donc le pseudonyme choisi par Joanne Rowling pour la publication de plusieurs de ses romans post-Harry Potter, qui racontent les aventures et enquêtes du détective privé qu’elle a fabriqué de toutes pièces, Cormoran Strike.

L’origine du pseudonyme lui-même est double : il y a, d’une part, le goût de Rowling pour le nom d’Ella Galbraith ; et d’autre part, le choix du prénom Robert en hommage au frère de John Kennedy, qui fut assassiné en 1968 alors qu’il concourait pour la primaire démocrate.

Après que cette identité (plus tellement) secrète a été révélée, les sites spécialisés dans les faits et gestes du jeune magicien (comme celui-ci, astucieusement nommé Poudlard) ont commencé à diffuser les informations relatives à ces nouveaux écrits, comme s’ils étaient parties intégrantes de l’univers de la romancière.

Le cri du Cormoran

En 2015, Rowling a donc publié le 3e roman des aventures de Cormoran Strike sous le pseudonyme de Robert Galbraith : Career of Evil. Cormoran Strike, vétéran de la guerre d’Afghanistan, résout des crimes dans la parfaite lignée des Sherlock Holmes et autres Hercule Poirot, aidé de sa charmante assistante Robin (un hommage féminisé au partenaire de Batman ?).

Le tout premier opus, L’Appel du coucou, a été publié en 2013. A l’époque, le roman, simplement signé Robert Galbraith, avait été très bien reçu par la critique. Il avait fallu toute la perspicacité d’un chroniqueur littéraire du Sunday Times, remarquant les similitudes avec le style d’écriture de Rowling, pour révéler le pot aux roses. Puis un 2e volume avait paru, Le Ver à Soie, en 2014.

Si L’Appel du coucou marchait relativement bien avant, la révélation de la véritable identité de son auteure a eu pour effet de booster les ventes : 17 000 exemplaires se sont écoulés en 4 jours, contre 43 seulement la semaine précédant la révélation ! Une déclaration d’amour des fans de la romancière, qui n’ont pas l’intention d’oublier la créatrice de Potter, polar ou pas polar.

Rowling avait déjà écrit un roman « pour adultes » avant de se lancer dans les histoires de Cormoran Strike : Une place à prendre. Tout comme ce dernier, son détective devrait faire l’objet d’une adaptation en série télévisée, la chaîne britannique BBC ayant acheté les droits du premier volume… avant même d’apprendre que Rowling se cachait derrière Galbraith !

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La vérité derrière Robert Galbraith

Cormoran Strike a été conçu, par Rowling, comme un reflet de la personnalité de l’auteure. Strike entretient, en effet, une relation complexe avec la célébrité, étant le fils d’une star du rock. Autant dire que c’est une forme d’explication au choix de Rowling de se dissimuler derrière un pseudonyme : une célébrité trop encombrante au moment de prendre des voies d’écriture différentes.

Au fur et à mesure que la saga du personnage qui l’a rendue célèbre se développait et tendait vers sa fin, Rowling commençait à éprouver de plus en plus durement la formidable pression d’avoir créé Harry Potter et de s’être, à travers lui, attirée la fascination de plusieurs millions de lecteurs assidus, pleins d’une atteinte démesurée.

Après en avoir terminé avec son petit sorcier à lunettes, l’auteure a tout simplement éprouvé le besoin de laisser ce monde merveilleux de côté, et de démarrer autre chose dans des circonstances tout à fait différentes. D’où l’idée de se glisser dans la peau d’un pseudonyme, qui plus est dans l’identité d’un homme : rien ne pouvait lui être plus opposé.

Rowling voulait écrire des histoires originales qui plairaient pour leurs propres mérites, et pas parce qu’elles seraient rédigées par celle qui resterait pour toujours « la maman d’Harry Potter ». Rowling l’explique très bien elle-même dans cet article (en anglais).

Toutefois, elle n’a pas laissé tomber Harry Potter – et son énorme public potentiel qui comprend aussi bien les enfants, lecteurs des livres, que leurs parents. Elle travaille actuellement au spin-off de son héros pour trois films qui seront produits et distribués entre 2016 et 2020 – trois films spectaculaires et familiaux en perspective.

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Écrivains célèbres et pseudonymes méconnus… ou l’inverse !

En adoptant l’identité de Robert Galbraith, J.K. Rowling s’ancre dans une longue et florissante tradition d’écrivains qui ont préféré endosser le costume d’un autre pour se sentir tout à fait libres dans leur métier.

Le surnom a, pour un auteur, deux emplois : dissimuler sa vraie identité (les sœurs Brontë qui ne voulaient pas être vues seulement comme des femmes, mais comme des auteures), et pouvoir toucher un autre lectorat en sortant du cadre du genre qui l’a rendu célèbre (ainsi Stephen King est-il devenu Richard Bachman pour des romans plus réalistes).

Voici quelques pseudonymes d’auteurs célèbres :

  • Frédéric Dard / San Antonio
  • Jean-Baptiste Poquelin / Molière
  • François Rabelais / Alcofribas Nasier (anagramme de son vrai nom)
  • Romain Gary / Émile Ajar

Mais saviez-vous que, parfois, le pseudonyme devient tellement fameux qu’il finit par éclipser l’identité véritable ? Saviez-vous, par exemple, que ces deux auteurs n’écrivaient pas sous leur vrai nom ?

  • George Sand était, en réalité, Aurore Dupin
  • Mark Twain était, en réalité, Samuel Langhorne Clemens

Sachant cela, lançons une théorie du complot rien qu’à nous : et si Robert Galbraith était le véritable auteur, et J.K. Rowling son pseudonyme ? Et si Robert s’était créé une identité secrète pour pouvoir écrire tranquillement des romans jeunesse sur la magie, avant d’en revenir à ses premières amours ? On vous laisse réfléchir. En attendant : bonne lecture !

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La rédaction

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