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L’ÂGE D’OR DU ROMAN



Entre le début et la fin du XIXe siècle, le roman connaît une ascension fulgurante. Désireux de s’affranchir des formes classiques trop étroites, les romantiques, qui ouvrent le siècle, trouvent dans le récit en prose une plus grande souplesse pour exprimer « la vague des passions ». Chateaubriand écrit René (1802), une peinture de l’âme entre autobiographie et fiction. Au rythme des événements politiques et sociaux correspond un enchevêtrement de courants d’idées, engendrant l’évolution du roman.
Sand passe du romantisme exalté (Lélia) au socialisme sentimental de ses romans champêtres (La Mare au diable). Hugo parle au cœur et à l’imagination et répand des idées humanitaires dans le roman historique (Notre-Dame de Paris) et le roman social (Les Misérables). À partir de 1850, le domaine d’élection du réalisme est le roman. Précurseur, Balzac dissèque « l’histoire des mœurs » et Stendhal accentue le réalisme psychologique. Pour Flaubert, le roman réaliste est une discipline, basée sur l’observation méthodique et objective : Madame Bovary (1857) est un chef-d’œuvre du genre.
Poussé à l’extrême, le récit réaliste conduit au naturalisme qui applique à l’étude des réalités humaines, la méthode scientifique : Zola veut dire « toute la vérité » sur Les Rougon-Macquart. Après l’expérience du roman naturaliste, Maupassant choisit de dire « l’humble vérité » ; Huysmans, pris d’une ferveur mystique, adopte finalement le roman idéaliste, comme Barbey d’Aurevilly, auteur de nouvelles sombres et fantastiques (Les Diaboliques).