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ANDRÉ BRETON : D’UN MANIFESTE À L’AUTRE



Si le premier Manifeste du surréalisme énonce les principes fondateurs de ce mouvement artistique et littéraire majeur du XXe siècle, le Second Manifeste du surréalisme, écrit cinq ans après, tire un bilan de cette période d’action. Durant l’année 1924, le surréalisme s’affirme au grand jour. Après des expériences de sommeils, destinées à faire émerger le rêve, la folie et les états seconds comme moyens de libération et de création, un mouvement se constitue. Emmené par André Breton, Louis Aragon, Robert Desnos, Benjamin Péret… le groupe surréaliste pratique l’écriture automatique pour « rendre le verbe humain à son innocence et à sa vertu créatrice originelles » (Breton, Entretiens, 1952).

La parution du Manifeste du surréalisme de Breton, le 15 octobre 1924, est suivie d’un recueil de textes poétiques intitulé Poisson soluble. Le resserrement du groupe surréaliste autour de valeurs communes dans une unanimité de pensée tend à montrer ses limites à la fin des années 1920. La question de la recherche individuelle d’une carrière littéraire se révèle un premier motif de désaccord. Tandis que Breton envisage toujours le surréalisme comme un engagement inconditionnel dans le Second Manifeste du surréalisme, paru fin 1929 dans la revue La Révolution surréaliste, d’anciens compagnons du mouvement sont définitivement écartés tels que Robert Desnos, Antonin Artaud, Michel Leiris et Georges Bataille.