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Sur la route de Jack Kerouac : L'épopée, de l'écrit à l'écran

Musée des lettres et manuscrits (16 mai - 19 août 2012)

Le Musée des lettres et manuscrits présente, en partenariat avec MK2, une exposition consacrée à l’un des plus mythiques romans de la littérature américaine. C’est la toute première fois que le tapuscrit de 36 mètres sur lequel Jack Kerouac coucha voilà 60 ans la
première version de Sur la route, considéré comme le manifeste de la beat generation, sera exposé en France.
Cette exposition est proposée à l’occasion de la sortie en salles (le 23 mai) du film de Walter Salles Sur la route.

Le mot de Gérard Lhéritier, Président du Musée des lettres et manuscrits

Entre le 2 et 22 avril 1951, Jack Kerouac écrit un roman de 125 000 mots sur un support papier de 36,50 mètres de long. Il a 29 ans.
En grande partie autobiographique, une soudaine fi èvre scripturale l’entraîne à écrire un livre en prose spontanée, empruntée aux techniques du Surréalisme inspirée par son compagnon de voyage Neal Cassady.
« Je l’ai fait passer dans la machine à écrire et donc pas de paragraphes… l’ai déroulé sur le plancher et il ressemble à la route. » écrit Jack Kerouac en mai 1951. Le rouleau imprimé et édité (en 2007) comporte un seul paragraphe de 370 pages, sans marge et sans chapitres.
« Je vais me trouver un rouleau de papier pour couvrir les étagères, je vais le glisser dans la machine, et je vais taper à toute vitesse, à toute berzingue, au diable les structures bidons, après on verra »… « j’ai écris ce livre sous l’emprise du café… 6 000 mots par jour, 12 000 le premier jour et 15 000 le dernier… ».
Il préparait sa route depuis 1947, au moyen de dizaines de carnets et de notes manuscrites. De jeune romancier, Jack Kerouac va devenir l’écrivain le plus expérimenté, le plus doué de sa génération, qui le propulsera au sommet de la littérature américaine, avec la « littérature de l’instant ».
Après plusieurs refus d’éditeurs et de sérieuses modifi cations, le Rouleau tapuscrit sera fi nalement publié par les éditions Viking en 1957, et trois ans après en France par la maison Gallimard. C’est cette version plus courte et expurgée de ses passages les plus sulfureux que le public connaîtra jusqu’à ces toutes dernières années.
L’aventure des amis de Kerouac sera un énorme best-seller et un symbole pour de nombreuses générations. Il sera traduit dans le monde entier.
À l’occasion du 50ème anniversaire de la publication initiale, Viking décide de publier le tapuscrit original en 2007, et trois ans plus tard par les éditions Gallimard, en 2010, pour la version française, sous le titre Sur la route - le rouleau original.
En mai 2001, Christie’s organise une vente aux enchères à New-York et présente le tapuscrit de Jack Kerouac. Le marteau marque le Rouleau au prix exceptionnel de 2,5 millions de dollars. Il est acquis par Jim Irsay, amateur de rock et propriétaire de l’équipe de football les Colts d’Indianapolis.
Jack Kerouac est né le 12 mars 1922 dans une famille d’origine canadienne-française, et nous célébrons ainsi, avec cette exposition, le 90ème anniversaire de sa naissance.
Francis Ford Coppola avait acquis en 1968 les droits sur le livre, aujourd’hui la société de production MK2 et Walter Salles l’ont réalisé et il sortira en salle le 23 mai.
Et pour la première fois, le célèbre rouleau prend la route vers la France pour rejoindre le Musée des lettres et manuscrits de Paris qui va l’exposer pendant trois mois.

Le mot d'Estelle Gaudry, commissaire de l'exposition

Cette route ancrée dans le sol, symbole de la vie, s’est évidemment imposée comme le fi l conducteur de l’exposition. Comme son titre l’indique, celle-ci se concentre principalement sur l’œuvre mythique de l’écrivain américain Jack Kerouac, Sur la route, à l’occasion de la sortie du fi lm de Walter Salles. Une vitrine centrale de neuf mètres de long, spécialement conçue pour l’événement, accueille le manuscrit emblématique, un rouleau de papier de 36 mètres sur lequel l’auteur a tapé frénétiquement à la machine, en avril 1951, le texte de Sur la route.
Le rouleau, à l’écriture rythmée et foisonnante, est exposé telle une longue route américaine autour de laquelle défi lent des paysages : paysage de la vie de Kerouac, paysage de son amour pour la littérature, paysage de ses rencontres, paysage de la réalisation du fi lm. Le paysage de sa passion pour la littérature est évoqué à travers des pièces autographes d’Arthur Rimbaud, de Céline ou bien encore de Balzac… celui de ses rencontres avec Neal Cassady, William S. Burroughs, Allen Ginsberg… le paysage du film avec les croquis des décors conçus par Carlos Conti, les photographies du tournage et le scénario annoté du réalisateur Walter Salles, généreusement offert au Musée des lettres et manuscrits.
Ces différents éléments permettent de redécouvrir un homme qui avance, en quête de liberté, explore tous les sens et se fraye un chemin aboutissant à la rédaction de ce monument de la littérature américaine. Une rédaction faite de mouvements, d’arrêts, de redémarrages et d’accélérations d’un poète qui aime par-dessus tout la musicalité des mots et qui retranscrit la vie avec acuité grâce à son instrument de prédilection, sa machine à écrire.
Le rouleau, tel un bloc, un pavé brut de prose spontanée, condense les sensations ressenties et celles imaginées. Sans chapitre ni paragraphe, il s’arrête aux portes de la ville, avec cette question : que faire de sa vie ?

Revue de presse de l'exposition