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Le Musée des lettres et manuscrits organise trois expositions temporaires par an. 
En attendant les prochaines expositions, retrouvez la série Post Scriptum présentant les oeuvres majeures du Musée.

Sade. Marquis de l'ombre, prince des Lumières. L'éventail des libertinages du XVIe au XXe siècle.

Du 26 septembre 2014 au 18 janvier 2015
Institut des Lettres et Manuscrits- Paris

Le mot de Gérard Lhéritier

Je suis libertin, je l’avoue ; j’ai conçu tout ce qu’on peut concevoir dans ce genre-là, mais je n’ai sûrement pas fait tout ce que j’ai conçu et ne le ferai sûrement jamais. Je suis un libertin, pas un criminel ni un meurtrier. » Donatien Alphonse François de Sade

Le rouleau de Sade, l’incroyable épopée d’un manuscrit
Alors que l’on célèbre cette année le bicentenaire de la mort du Marquis de Sade (1740-1814), l’Institut des Lettres et Manuscrits expose pour la première fois en France l’une des oeuvres les plus décriées de la littérature française : le rouleau autographe des 120 journées de Sodome ou l’École du libertinage. Écrit en 1785 par le Marquis de Sade sur un rouleau de papier mince, alors qu’il était emprisonné à la Bastille, ce manuscrit lui survécut et fut retrouvé lors de la prise de la forteresse. Son sauvetage et son histoire sont dignes d’un romanfeuilleton, animé par 30 ans d'exil et de querelles juridiques. Après en avoir fait l’acquisition au printemps dernier, le groupe Aristophil dont je suis le président, a décidé de révéler au public dans le cadre d’une exposition consacrée au divin marquis et aux différentes formes de libertinages du XVIe au XXe siècle. Donatien de Sade était « un esprit libre dans un corps enfermé ». L’enfermement (Sade passa près de vingt-huit ans de sa vie en prison) fut en effet le moteur de son écriture et c’est en fait la prison qui a fait de lui un écrivain. Tous les romans de Sade sont donc les œuvres d’un homme emprisonné, et Les 120 journées de Sodome n’échappent pas à la règle. L’obsession des geôliers de Sade et de leurs commanditaires qui maintenaient le gentilhomme en prison, était de mettre la main sur ses manuscrits afin de tuer la subversion à la racine. C’est la raison pour laquelle craignant que son texte ne soit saisi, l’écrivain décida de le transférer sur un support plus facile à dérober aux fouilles de ses gardiens. Chaque soir, pendant trente-cinq jours, entre 19h et 22h, entre le 22 octobre et le 28 novembre 1785, il recopia ses brouillons sur 35 lés de papier de 11 centimètres de large, certainement fournis par son épouse. Il assembla ces feuillets en les collant bout à bout jusqu’au point d’assembler un rouleau de 12 mètres de long, et il continua son récit en recouvrant le verso du manuscrit d’une écriture fine et difficilement lisible, sans aucune rature. Le rouleau, à la manière des codex de Léonard de Vinci, fut dissimulé, protégé par un étui de cuir, glissé entre deux pierres de la cellule de l’écrivain. Lors de la prise de la Bastille en 1789, le manuscrit fut sauvé sans que son auteur le sache. Ce dernier pleura selon sa propre expression « des larmes de sang », croyant que le rouleau manuscrit contenant son chef-d’œuvre, avait à tout jamais disparu.
La suite de l’histoire rocambolesque de ce manuscrit, promis à vivre caché et toujours objet de scandale, vous la découvrirez dans l’exposition et le livre-catalogue qui l’accompagne.
Signalons toutefois que le texte du rouleau fut publié pour la première fois en 1904, grâce à un sexologue berlinois qui avait fait l’acquisition de cet objet mythique dans un but scientifique comme il le déclara lui-même dans l’avant-propos de cette toute première édition : « Ce manuscrit doit être considéré comme l’ouvrage principal du Marquis de Sade, dans lequel il a réuni toutes ses observations et ses idées sur la vie sexuelle de l’homme, ainsi que sur la nature et les variétés des perversions sexuelles. Il est composé d’après un plan systématique, en vue d’un groupement scientifique des exemples cités. […] C’est là que je voudrais voir la grande importance scientifique de l’ouvrage pour les médecins, juristes, anthropologues, et pour tous ceux qui peuvent avoir à s’occuper de cette question au point de vue scientifique. »
Le rouleau de Sade, véritable trésor national, est donc aujourd’hui revenu en France, non loin de l’endroit où il avait été écrit, il y a un peu plus de deux siècles, bouclant ainsi un cycle fascinant de l’histoire d’un homme singulier et d’un texte d’exception, l’un et l’autre uniques dans l’histoire de la littérature. Sade a justifié cette double spécificité en confiant un jour : « Ce n’est pas ma façon de penser qui a fait mon malheur, c’est celle des autres… ».

Gérard Lhéritier
Président du Musée des Lettres et Manuscrits
Président d'Aristophil

Les mots des commissaires d'exposition
Pascal Fulacher et Jean-Pierre Guéno

Sade et l’éventail des libertinages
Donatien Alphonse François de Sade fut doublement un homme de lettres : formidable romancier, formidable épistolier, mais aussi et surtout victime de ces lettres très particulières qu’étaient les lettres de cachet souvent commanditées auprès des monarques ou de leurs ministres par les familles de ceux qui voulaient soustraire au monde leurs progénitures devenues gênantes. Plus encore que le marquis de l’ombre, plus encore que ses frasques et ses fantasmes de débauché, c’est le prince des lumières qui n’a jamais cessé de gêner à la fois sa famille qui le persécuta continuellement, sa caste sociale, et les grands de son temps, au point que tous firent de ce trublion une sorte de masque de fer de la littérature qui passa plus de la moitié de sa vie adulte en prison, avant d’y mourir. En dehors du fait qu’il a été condamné à la réclusion à perpétuité en 1768, puis deux fois à la peine capitale en 1772 et en 1794, Sade a passé près de vingt-huit ans en prison, entre 1763 et 1814, entre l’âge de 23 ans et celui de sa mort à 74 ans, et ceci sous trois régimes différents : la Monarchie, la République et l’Empire. Du donjon de Vincennes à l’asile de fous de Charenton, malgré les moyens matériels qu’il avait d’améliorer son ordinaire, il aura vécu le plus souvent dans « d’exécrables taudis », dans une bonne dizaine de geôles parmi lesquelles celles du château de Saumur, de la citadelle de Pierre-Encise à Lyon, de la prison de For-l’Évêque à Paris, du fort de Miolans en Savoie, de la forteresse de la Bastille, de la prison de Sainte-Pélagie et de la prison de Bicêtre à Paris sans oublier les geôles de la Révolution.
Pendant les soixante-quatorze ans et six mois de sa vie comme depuis les deux siècles qui nous séparent de sa mort, il peut sembler aujourd’hui paradoxal qu’on ait tant diabolisé le Marquis de Sade, et qu’on ait si longtemps mélangé l’homme et l’œuvre, jusqu’au point de confondre l’homme et le romancier avec les personnages criminels de ses fictions.
Certes il fut un libertin qui se livra à des pratiques sexuelles licencieuses et dissolues, mais celui qui donne aujourd’hui sa définition au mot « Sadisme », « recherche de plaisir dans la souffrance physique ou morale volontairement infligée à autrui », n’aurait été qu’un débauché de plus parmi les grands aristocrates de son temps, s’il n’avait pas été avant tout l’oeil d’une sorte de conscience qui réussit à exprimer bien plus que le mal de vivre, le « mal du siècle » défini par Musset au XIXe siècle : à travers ses frasques et ses provocations, puis à travers ses écrits politiques, comme à travers ses écrits philosophiques, ses lettres et ses romans, mais aussi par l’exemple, ou par le contre-exemple de sa vie, Sade ne cessa-t-il pas d’exprimer le mal qui dévore les hommes, essentiellement entre la Renaissance et les temps modernes, c’est-à-dire pendant la seconde moitié du second millénaire ?
Depuis quatre siècles, ceux qui se disent libertins ou libertines sont-ils des épicuriens, des délinquants ou des hyperconscients ? Des bons vivants, des criminels ou des maudits existentiels ? Du Marquis de Sade à Dominique Aury (allias Pauline Réage), l’auteure d’Histoire d’O, en passant par Théophile de Viau, Crébillon, Choderlos de Laclos et ses Liaisons dangereuses, Mirabeau, Casanova, le chevalier d’Eon, Musset, Maupassant, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Pierre Louÿs, Joë Bousquet, les grandes figures de la littérature, de la poésie et de la pensée n’ont pas cessé de célébrer les noces cannibales du vice et de la vertu. Du vice qui se nourrit de la vertu lorsqu’il la transgresse, lorsqu’il la déflore. De la vertu qui se nourrit du vice lorsqu’elle le dénonce, lorsqu’elle le diabolise.
Aux confins du fantasme, de la révolution, de la transgression, de l’émancipation et du suicide moral, entre les réalités du purgatoire, les délices fantasmés ou redoutés de l’enfer et la nostalgie mythique du paradis perdu, entre le cynisme, le pragmatisme et l’espoir, entre l’épicurisme et la cruauté, entre la lumière et la barbarie, entre l’obsession de Dieu et son reniement, les travaux pratiques qui décorent l’éventail des libertinages ne dessinent-ils pas toute la tragédie de la condition humaine et ne rapprochent-ils pas à ce titre tous les grands séismes intellectuels du XIXe et du XXe siècle : du romantisme à l’existentialisme en passant par le surréalisme ?

Le parcours de l’exposition
Bien avant de devenir un mouvement d’émancipation des moeurs, le libertinage est un mouvement de libération des esprits terriblement subversif puisqu’il remet en question l’existence de Dieu, la légitimité des rois de droit divin et tous les dogmes de la religion, de la morale et du pouvoir absolu. L’exposition déploie d’emblée « L’éventail des libertinages », conduisant le visiteur du « libertinage d’esprit au libertinage des mœurs » à travers un ensemble de textes subversifs parmi lesquels le Decameron de Boccace, les Pensées de Pascal, le Dom Juan de Molière, les Contes et nouvelles de La Fontaine, Les Lettres persanes de Montesquieu, La Nouvelle Héloïse de J.-J. Rousseau. Le libertinage au temps de Sade est également abordé à travers des lettres et oeuvres de Crébillon, Casanova, le Chevalier d’Eon, Restif de la Bretonne, Choderlos de Laclos, Mirabeau… Puis, une place toute particulière est consacrée au Marquis de Sade et à son oeuvre majeure, Les 120 journées de Sodome ou l’École du libertinage : le rouleau autographe sur lequel a été rédigé ce roman qui continue à faire scandale, est exposé pour la première fois en France. Plusieurs lettres de Sade, à sa femme, à sa belle-mère, à son avocat, à une actrice… sont en outre présentées autour du rouleau, et permettront de mieux cerner ce personnage si énigmatique et tant controversé. Les deux dernières parties de l’exposition mettent en lumière la réhabilitation du Marquis de Sade et de son œuvre, ainsi que l’évolution du libertinage au XIXe et au XXe siècles, du romantisme au surréalisme en passant par l’existentialisme. Plus de 120 pièces exceptionnelles, lettres et manuscrits autographes, éditions originales et livres illustrés rares et précieux, dessins, photographies… jalonnent l’exposition Sade : Marquis de l’ombre, prince des Lumières - L’éventail des libertinages du XVIe au XXe siècle.

La scénographie de l’exposition
Frédéric Beauclair, Architecte Scénographe
L’exposition « Sade, Marquis de l’ombre, prince des Lumières » est une exposition particulière, qui a la volonté de traiter d’un sujet délicat et risqué, sans tomber dans le piège de la grivoiserie. La scénographie se doit, elle aussi, d’essayer de réussir ce difficile défi. La pièce majeure de l’exposition étant, bien entendu, le fameux rouleau des « 120 journées de Sodome », j’ai donc pris comme parti de déployer dans l’espace des quatre salles de l’exposition, un grand ruban, rouge et lumineux, formé de deux toiles qui ondulent parallèlement. Ce ruban disposé verticalement, fait la liaison entre un sol recouvert de moquette sombre et le plafond de couleur claire. L’éclairage est disposé au sol entre les deux toiles, ce qui crée une lumière très particulière, comme surgissant de l’ombre. Sur le ruban sont imprimés des textes pédagogiques, des images d’accompagnements et d’une façon omniprésente les fines et étroites lignes d’écriture, de la main de Sade. Un effet de miroir placé en face à face, donne l’illusion d’un ruban continu à l’infini. Tout au long de cette circulation ondulante, sont disposées sur des plateformes, des vitrines plates et allongées où sont présentés les livres illustrant le discours de l’exposition d’une manière chronologique.
Le passage d’une époque ou d’une salle à l’autre, se fait par le frôlement ou la traversée d’une image d’archive, imprimée sur un voilage. Ceci symbolise l’avancée progressive vers la liberté de l’esprit et du corps, surgissant de l’ombre et se dirigeant pas à pas vers la lumière.

Post Scriptum Zazie dans le métro de Raymond Queneau

Zazie dans le métro de Raymond Queneau

Raymond QUENEAU
Le Havre, 1903 - Paris, 1976
Manuscrit autographe, notes préparatoires et tapuscrits originaux, datés du 17 août 1953 au 29 octobre 1958.

Queneau débute la rédaction de Zazie dans le métro au cours de l’été 1953 alors qu’il est en vacances dans le pays basque, à Bidart. Premier succès populaire de l’auteur, publié en 1959, l’histoire met en scène une galerie de personnages pittoresques et apparaît également comme une réflexion philosophique sur l'identité et la vérité. Ce succès, amplifié par l’adaptation cinématographique de Louis Malle (1960), repose notamment sur la liberté de langage du roman, passablement cru pour l’époque, avec des expressions mémorables comme la manie de Zazie d’ajouter à tout bout de phrase : « mon cul ! ». De plus, l’on retrouve
sur la première page du premier tapuscrit un exemple de ce que Queneau a nommé le « néo-français », caractérisé par une syntaxe et un vocabulaire typiques du langage parlé et par une orthographe plus ou moins phonétique. Ce style est en effet illustré par la fameuse interjection de départ proférée par Gabriel, l’oncle de Zazie : « Doukipudonktan », écrit deux fois à la main, la première fois abrégée par « Doukiputan ». Le deuxième tapuscrit corrigé comporte en page 23, ajoutée à la main, la fameuse phrase : « Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire. » Cet ensemble complet est des plus significatifs pour comprendre
le travail d’écriture de Queneau. On perçoit en effet toutes les étapes de la construction de ce roman, des toutes premières ébauches narratives, avec les plans et les diagrammes distribuant les personnages dans les cahiers préparatoires, jusqu’aux dernières retouches apportées aux expressions des personnages dans les pages dactylographiées corrigées.

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Post Scriptum Le Portulan

Atlas de 10 cartes marines ou portulans originaux peints sur parchemin

François Ollive [Fransiscus Oliva]
Atlas de 10 cartes marines ou portulans originaux peints sur parchemin

Marseille, 1658. Atlas in-folio de 10 portulans originaux à l’encre, aux encres de couleurs, et à la gouache, rehaussés à l’or sur parchemin dont 6 à double page, contrecollés sur cartons épais, réalisé par François Ollive, hydrographe et géographe célèbre pour la réalisation de portulans et guides à l’usage des pilotes côtiers dans toute l’Europe. Cet atlas se rapporte à la Méditerranée et renferme des cartes fort détaillées des principales îles.

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Post Scriptum Hernani de Victor Hugo

Hernani de Victor Hugo

Victor HUGO
Besançon, 1802 - Paris, 1885
Manuscrit d’Hernani, copie de la censure avec apostille signée par le directeur de la Comédie-Française et le ministre de l’Intérieur, datant de 1829, Paris.

Écrit entre le 27 août et le 24 septembre 1829, Hernani a brisé les canons du théâtre classique. La première qui eu lieu le 25 février 1830 au Théâtre-Français, a provoqué la célèbre « bataille d’Hernani », opposant l’avant-garde artistique de l’époque aux partisans des règles du classicisme, tout en consacrant le genre du drame romantique. Ce manuscrit, seule copie d’époque autorisée par l’auteur encore en mains privées, présente les modifications apportées par la censure. Il comporte l’attestation d’entrée au répertoire de la Comédie-Française et le visa de censure signé par le ministre de l’Intérieur. Les passages considérés comme portant atteinte à l’autorité royale ont été biffés par le censeur qui a inscrit en marge la mention « supprimé » et apposé son paraphe.

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Post Scriptum Einstein-Besso

Le manuscrit sur la relativité d'Einstein et Besso

Albert EINSTEIN
Ulm, Allemagne, 1879 - Princeton, États-Unis, 1955

Michele BESSO
Riesbach, Suisse, 1873 - Genève, id., 1955

Manuscrit autographe sur la relativité, [Berlin et Zurich, fin 1913 - début 1914].

Einstein a 18 ans lorsqu’il rencontre Besso à l’École Polytechnique de Zurich. En 1913, Einstein lui suggère de reprendre les travaux, entrepris avec le mathématicien Marcel Grossmann, pour généraliser la théorie de la relativité restreinte de 1905. Einstein sait qu’un des tests les plus probants d’une nouvelle théorie de la gravitation est l’explication de l’anomalie de l’orbite de la planète Mercure. Ainsi, ils calculent l’écart entre la trajectoire observée de celle-ci et la trajectoire calculée par la théorie de la gravitation de Newton. Le manuscrit Einstein-Besso prend forme, les deux scientifiques se renvoyant régulièrement les feuillets avec des ajouts mathématiques. Celui-ci comprend vingt-six pages rédigées par Einstein, vingt-cinq par Besso et trois reprenant des notes des deux collaborateurs. En 1915, Einstein poursuit seul les calculs et corrige les inexactitudes puis publie la version finale de la théorie de la relativité générale.

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Post Scriptum Young Mens Magazines de Charlotte Brontë

Second series of the Young Mens Magazines de Charlotte Brontë

Charlotte BRONTË
Thornton, 1816 - Haworth, 1855
Manuscrit autographe, intitulé Second series of the Young Mens Magazines. No Second, datant de septembre 1830.

La romancière britannique rédige ce manuscrit inédit à l’âge de 14 ans. Cette œuvre fait partie d’une série de Magazines écrits au cours de l’adolescence de Charlotte Brontë. Ils sont directement inspirés du Blackwood’s Magazine, revue mélangeant actualité internationale, faits divers et contes populaires, que Patrick Brontë lisait à ses enfants et qui alimenta fortement leur imagination. Young Men's Magazine s’inscrit ainsi dans l’univers fantastique de Glass Town, le plus ancien des mondes fictifs créés par les quatre enfants Brontë. Branwell rédige alors en parallèle le Branwell’s Blackwood’s Magazine, dans le même esprit que les Magazines de sa sœur, Charlotte. Le manuscrit présenté ici se compose de trois textes intitulés : « A letter from Lord Charles Wellesley » (« Lettre de Lord Charles Wellesley »), « The Midnight Song » (« Le Chant de Minuit ») et « Journal of a Frenchman [continued] » (« Journal d’un Français [suite] »). Le manuscrit se termine par une page d’« Advertisements » (« Annonces ») dans laquelle on peut notamment lire : « À saisir. Un cheval de toute beauté !!!! Pour celui qui sait comment tricher ». Les travaux de jeunesse des enfants Brontë revêtent une importance capitale, tant les univers créés au cours de cette période ont influencé leurs œuvres écrites à l’âge adulte. Ainsi, dans « A letter from Lord Charles Wellesley », on découvre une scène décrivant comment Caroline Krista met le feu au lit de Charles Wellesley. La description de cet acte de folie n’est pas sans rappeler l’une des scènes les plus connues du célèbre roman de Charlotte Brontë, Jane Eyre, lorsque Bertha, l’épouse démente de M. Rochester, met le feu au lit de son mari.

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Post Scriptum Cellulairement de Paul Verlaine

Cellulairement de Paul Verlaine

Paul VERLAINE
Metz, 1844 - Paris, 1896

Manuscrit autographe, intitulé Cellulairement, datant de 1873-1875, Bruxelles et Mons.

Condamné à deux ans de prison le 8 août 1873 pour avoir blessé Rimbaud de deux balles de revolver, Verlaine purge sa peine aux Petits-Carmes à Bruxelles, puis à Mons. C’est au cours de cette période douloureuse où s’entremêlent découragement, désespoir et crise mystique qu’il compose la majeure partie des poèmes de Cellulairement. Le manuscrit, qui évoque de manière saisissante la brouille entre les deux anciens amants ainsi que l’expérience carcérale de Verlaine, est composé de trente-deux poèmes n’ayant jamais fait l’objet d’une publication sous la forme d’un recueil du vivant de l’auteur. Ils ont, en revanche, été insérés dans d’autres recueils tels que Sagesse (1880), Jadis et Naguère (1884), Parallèlement (1889) et Invectives (1896), puis dans les Œuvres posthumes. Le manuscrit est classé Trésor national depuis le 20 janvier 2005.

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Post Scriptum "Garde-manger" de Balzac

Pensées, sujets, fragmens de Balzac

Honoré de BALZAC
Tours, 1799 - Paris, 1850
Carnet de notes, intitulé Pensées, sujets, fragmens, datant de 1830-1847.

Balzac utilisa ce carnet, composé de cinquante-six feuillets, de 1830 à 1847. Les notes, souvent jetées à la hâte, s’enchevêtrent sans ordre apparent. Laure Surville, la soeur de l’écrivain, dans son petit livre de souvenirs intitulé Balzac, sa vie et ses oeuvres d’après sa correspondance, nous apprend que Balzac, évoquant son carnet, le qualifiait de « Garde-manger ». Ce document nous révèle les étapes de la création littéraire de ses principales œuvres. La Comédie humaine s’élabore ici sous nos yeux, tandis que le canevas des Paysans tient en cinq lignes et que celui du Père Goriot est présenté ainsi : « Sujet du Père Goriot. - Un brave homme - pension bourgeoise - 600 fr. de rente - S’étant dépouillé pour ses filles qui toutes deux ont 50 000 fr. de rente, mourant comme un chien. » L’homme transparaît également aux côtés de l’auteur par l’intermédiaire de notes relatives à ses dettes personnelles et à l’organisation de sa discipline de travail.

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Post Scriptum Lettres à l'inconnue de Saint-Exupéry

Lettres à l'inconnue de Saint-Exupéry

Antoine de SAINT-EXUPÉRY
Lyon, 1900 - Disparu en vol, 1944
Manuscrits autographes illustrés d’aquarelles de l’auteur, [avril 1943 - mai 1944].

Saint-Exupéry s'adresse à une jeune officier de l'armée française de 23 ans (il en a 43), rencontrée en Algérie. Elle reste sans doute sa dernière histoire d’amour, amour malheureux et à sens unique, puisque la jeune femme ne se laissa jamais séduire, semble-t-il. Éconduit, impuissant, Saint-Exupéry laisse parler le Petit Prince, solitaire et mélancolique : « C’est triste… on ne pense pas à me téléphoner… » Cette tristesse enfantine est parfois surmontée par la rancœur : « elle ne me téléphone pas… je me brouille avec elle » ; les accusations : « Le Petit Prince est mort » ; et finalement transformée en résignation : « Je vous en ai voulu de me laisser attendre, et non de n’être pas venue. » Ces superbes dessins avec paroles présentent un Petit Prince encore plus abouti esthétiquement et émotionnellement que celui de l’édition originale de New York, publiée en avril 1943.

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Post Scriptum Cocteau et Laurencin

Marie Laurencin par Jean Cocteau

Jean COCTEAU
Maisons-Laffitte, 1889 - Milly-la-Forêt, 1963
Manuscrit autographe, datant de mars 1922, Paris.

Ce manuscrit écrit par Cocteau et illustré conjointement avec Marie Laurencin se compose de six feuillets et de deux portraits (la reproduction d’un portrait contrecollé de Cocteau par Laurencin de 1921 et un autoportrait de Marie Laurencin de 1923). Il est recouvert d’une belle couverture illustrée sur laquelle Cocteau a calligraphié : « Marie Laurencin par Jean Cocteau ». Ce document est un beau témoignage d’amitié dans lequel Cocteau fait une description très poétique et drôle de son amie : « cheveux inhumains, sourcils invisibles, nez absent ».

Découvrez ci-contre le Post Scriptum sur Marie Laurencin par Jean Cocteau.

Post Scriptum story-board d'Alfred Hitchcock

Le Grand Alibi d'Alfred Hitchcok

Alfred HITCHCOCK
Leytonstone, Angleterre, 1899 - Los Angeles, 1980
Story-board autographe de Stage Fright (Le Grand Alibi), [ca. 1949].

Stage Fright (Le Grand Alibi) a été tourné à Londres en 1950 avec, dans les rôles principaux, Marlene Dietrich, Richard Todd et Jane Wyman. Ce story-board est une parfaite illustration de la méthode de travail du « maître du suspence ». Chaque scène est entièrement dessinée, plan par plan, selon l’angle de vue souhaité. Ainsi, les story-boards d’Hitchcock sont une préfiguration exacte de ce qui va apparaître à l’écran. Lorsque le tournage commence, le réalisateur n’a plus qu’à suivre son canevas, minutieusement élaboré, laissant le moins de place possible à l’improvisation. Les dessins des plans sont souvent accompagnés d’indications autographes concernant notamment les mouvements de caméra ou la direction dans laquelle le personnage doit diriger son regard.

Découvrez ci-contre le Post Scriptum sur le story-board d'Hitchcock.

Post Scriptum Manifeste du surréalisme d'André Breton

Manifeste du surréalisme d\'André Breton

André BRETON
Tinchebray, 1896 - Paris, 1966
Manuscrit autographe, intitulé Manifeste du surréalisme, datant de juin - août 1924, Lorient - Paris.

Ce manuscrit original, extrêmement travaillé, constitue l’acte fondateur d’un des principaux mouvements littéraire et artistique du XXe siècle. Breton envisage, lorsqu’il commence à l’écrire, de faire un avant-propos au recueil de textes automatiques Poisson soluble, édité dans le même volume que le Manifeste, comme en témoigne le mot « préface », barré en tête de la première page. Le choix du titre Manifeste du surréalisme dénote une portée revendicative et polémique beaucoup plus nette. Breton procède à une réhabilitation inconditionnelle des droits de l’imagination. Il relate la découverte du surréalisme, qui s’efforce d’ « exprimer le fonctionnement réel de la pensée », au-delà des contingences du langage, des convenances sociales, et établit « une fois pour toutes » une définition du terme.

Découvrez ci-contre le Post Scriptum sur le Manifeste du surréalisme d'André Breton.

Post Scriptum Témoignage d'une rescapée du Titanic, Helen Churchill Candee

Témoignage d\'une rescapée du Titanic, Helen Churchill Candee

Helen CHURCHILL CANDEE
New-York, 5 octobre 1858 - York Harbor, Maine, 23 août 1949

Manuscrit autographe de 42 pages à l’encre verte.

Voyageant en première classe, Helen relate dans un premier temps l’insouciance et la joie des passagers, fiers de se trouver sur ce symbole du génie humain qu’est le Titanic. Puis débute la terrible, poignante et minutieuse description de la nuit du 14 au 15 avril 1912. Elle revient sur le choc ressenti lorsque le bateau percuta l’iceberg, sur « le bruit abasourdissant » des fusées de détresse. Elle embarque sur le canot de sauvetage n°6 et voit « l’étrave endommagée » disparaître sous l’eau. Ce document inédit et exceptionnel a inspiré le scénario du célèbre film de James Cameron.

Découvrez ci-contre le Post Scriptum sur le témoignage d'Helen Churchill Candee.